Enquête publique à Naast: réponse relative à la demande de permis de la société Holcim

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Objet : Réponse à l’enquête publique relative à la demande de Permis unique de Classe 2 – Réf. Dossier n°2024/211-10017867/LNA.cvd

Madame La Bourgmestre,
Mesdames et Messieurs les Echevins,

La société Holcim Belgique SA veut implanter et exploiter un centre de regroupement, de tri et de prétraitement de déchets inertes sur le site du Perlonjour (rue des Blaviers N/A à 7060 Soignies). L’ampleur de ce projet et l’imprécision de nombreuses affirmations m’inquiètent profondément. Je souhaite réagir en mettant en évidence les points suivants :

Grand écart entre la capacité possible du concasseur et la capacité demandée dans le permis

La demande indique une capacité nominale annuelle de 990.000 tonnes, alors que la société annonce que seulement 100.000 tonnes seraient traitées. Cette énorme surcapacité soulève de vives inquiétudes quant aux risques de dérives futures.

Stockage de l’amiante

Une entreprise ne peut pas recueillir des déchets d’amiante sur son site, même temporairement et uniquement pour du stockage, si elle n’est pas agréée pour la collecte de ce type de déchets. La liste des collecteurs agréés est disponible ici ( http://owd.environnement.wallonie.be/xsql/4.xsql?canevas=acteur ) et Holcim n’en fait pas partie ! 

Le stockage d’amiante demandé par Holcim Belgique SA serait donc tout à fait illégal et constituerait à lui seul un motif valable de refus du permis.

Biodiversité

La zone prévue jouxte une ancienne carrière sous eau, riche en biodiversité (faune aquatique,      végétation, oiseaux protégés, mammifères). Un inventaire précis de la faune et de la flore est nécessaire pour évaluer et limiter les impacts, conformément aux obligations légales. Une fois de plus, aucune étude ne fournit de telles informations pourtant essentielles.

Gestion des eaux

L’eau utilisée (12.000 m³/an) ne proviendrait pas du réseau mais d’un « réseau autorisé », possiblement issu d’un pompage dans la carrière, sans garantie sur l’impact environnemental. L’épuration et le drainage des eaux usées soulèvent des questions sur les risques de pollution et sur la capacité du sol à les absorber, avec les risques potentiels d’inondations que cela pourrait entraîner. Mais aucune donnée précise n’est fournie.

Pollution de l’air

Les poussières générées par le concassage, le stockage, les pistes ou la manutention auront immanquablement un impact sur la santé des riverains. Mais aucune étude ne quantifie cet impact et ses effets potentiels sur la santé l

Le contrôle olfactif des déchets inertes est mentionné. Mais aucune étude d’odeur ou de dispersion n’est disponible. Il est d’ailleurs assez interpellant qu’un simple contrôle visuel et olfactif soit décrit par le demandeur comme un moyen suffisant d’évaluer la dangerosité des déchets, sans aucune possibilité de détection des substances polluantes inodores et invisibles.

Impacts sur le sol et les eaux souterraines

Les mesures prévues (pages 27-28) semblent insuffisantes pour prévenir les risques liés aux matières traitées. Une étude approfondie est nécessaire pour garantir des mesures préventives adaptées. Mais aucune étude n’a été réalisée sur ce sujet.

Circulation des véhicules

Avec 50 mouvements de camions par jour (10 à 30 tonnes), les nuisances habituelles (bruit, vibrations, dégâts) et les risques sanitaires pour les riverains sont préoccupants. Mais aucune étude n’analyse les impacts en termes de congestion, de dégradation, de pollution de l’air et de nuisances sonores sur les routes communales et régionales, ainsi que sur le Ravel.

Conséquences des vibrations et du bruit

Les premières habitations se situant à 400 mètres, il me paraît évident qu’existe un risque d’impact de ces vibrations. Mais aucune donnée sur les vibrations produites par les installations n’est disponible, ce qui me paraît très regrettable et suscite des interrogations légitimes.

De même, le demandeur indique que la distance de 400 mètres et la présence d’arbres et de talus entre l’entreprise et les zones d’habitations suffisent à atténuer le bruit. Etant donné l’intensité du bruit provoqué par certaines machines, qui peut atteindre 110 décibels, il n’est pas du tout sûr que cette configuration suffise à ramener le niveau de bruit à un seuil acceptable. Une étude acoustique, tenant compte de la topographie et de la végétation mais également de l’effet cumulé avec les nuisances sonores causées par les activités existantes, doit donc être réalisée.

Conclusion

Face à ces lacunes, je considère qu’il est impératif de réaliser des études détaillées sur les impacts environnementaux, sanitaires et sociétaux avant tout octroi de permis. Ces analyses sont indispensables pour garantir un cadre clair et sécurisé pour les riverains et l’environnement.

Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, je m’oppose fermement à l’octroi du permis demandé, repris en objet de cette lettre.

Je souhaite être tenu au courant de l’évolution du dossier.

D’avance, je vous remercie pour la suite que vous voudrez bien réserver à cette lettre et vous prie de recevoir, Madame la Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les Échevins, l’assurance de ma considération distinguée.